Ephémérides : 23 mars

Francisco Javier Fernández ChentoÉphémérides vincentiensLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Jean Gothier, C.M. · La source : Encyclopédie Vincentiennne.
Estimated Reading Time:

1659. Soeur Nicole Georgette reçoit une lettre de Mademoiselle : « Il ne faut pas que nous trouvions étrange toutes les médisances que l’on voudra dire de nous en mentant, puisque nous sommes chrétiennes et Filles de la Charité, ce qui nous oblige à supporter tout ainsi qu’il nous est enseigné par ce grand amoureux des souffrances, Jésus-Christ ». Notre Soeur ayant eu maille à partie avec le Curé, sainte Louise l’engage à continuer à le respecter et ajoute : « Je suis fâchée que vous vous soyez défendue en raillant, mais quoi ! notre faiblesse a besoin de ne pas se laisser abattre… je vous envoie la croix que vous désirez en laquelle vous apprendrez à recevoir de bon coeur celles qu’il plaît à Notre-Seigneur de vous envoyer ».

1920. À Paris , mort du Frère Paul Allahverdi. Il était né à Constantinople, le 2 avril 1840. Frère à l’âge de trente-sept ans, Paul Allahverdi fut presque tout le temps affecté au Secrétariat et chargé des appartements du Supérieur général. La dévotion de ce bon Frère pour le successeur de saint Vincent, le Père Fiat put la mesurer à l’abondance des tisanes dont il fut, par lui, abreuvé et des chaufferettes et des tricots qui le vinrent préserver du froid, à la célérité avec laquelle les grandes jambes arméniennes de Frère Allahverdi allaient, à travers la vaste Maison-Mère, chercher le confrère demandé par le Père… La vie intérieure du Frère Allahverdi atteignit à une profonde intimité avec le Maître : ses répétitions d’oraison, bien que colorées d’un français original, avaient une onction touchante (1).

1949. À Kashing, à l’aube de ses quatre-vingt-dix ans d’âge et après soixante-trois ans d’apostolat dans le Tchékiang, Mgr Paul-Albert Faveau, premier vicaire apostolique de Hang­chow, meurt, à 5 h. 30, dans le fauteuil où, chaque jour depuis cinq mois, il se faisait installer pour attendre le prêtre qui devait lui apporter la communion. La mort dans une telle attitude révèle bien l’énergie qui caractérise l’âme de ce grand missionnaire. Il avait été à belle école, non seulement dans sa région natale de Bergues, où il fit de brillantes études classiques, mais encore sur cette terre de Chine où il débarquait en 1886 : car il s’y forma à l’apostolat dans le rayonnement du grand Mgr Reynaud qui, d’ailleurs, l’ordonna prêtre à Ningpo, en attendant de lui conférer la consécration épiscopale — toujours à Ningpo — le 2 octobre 1910. Ce jour-là, Mgr Reynaud lui donnait une partie de son immense territoire qui allait former ce nouveau vicariat apostolique de Hangchow dont Mgr Faveau devenait le premier pasteur. Au milieu de convulsions politiques à peu près ininterrompues, le nouvel évêque réussit à donner à sa jeune égllise une ferme impulsion. Deux cent trente-trois lieux de culte sont bâtis : vingt-trois mille neuf cent cinquante-sept adultes et seize mille neuf cent soixante-quinze enfants sont baptisés, et vingt-huit mille quatre cent cinquante-quatre confirmations sont administrées par lui-même. Mais ce qui montre peut-être encore mieux le sens missionnaire de cet évêque, c’est le petit séminaire dont il commença la construction dès la première année de son épiscopat et duquel il fit sortir soixante-huit prêtres indigènes. Tous ces résultats, il les obtint en vingt-cinq ans ; et alors, se jugeant trop âgé, il transmit ce bel héritage à son successeur, Mgr Deymier, qu’il sacra lui-même. Mgr Faveau a tout animé par son intense labeur personnel, et sa charité a été, pour une multitude de misères, le sourire du bon Dieu (2).

1) Annales . t. 85, pp. 431-441.
2) B.M.L ., mai juin 1949, p. 91, et juillet-août 1949, pp. 107-108.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.