Ephémérides : 17 septembre

Francisco Javier Fernández ChentoÉphémérides vincentiensLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Jean Gothier, C.M. · La source : Encyclopédie Vincentiennne.
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1807. à Paris, c’est la consternation, aussi bien chez les Filles de la Charité et les missionnaires que dans les milieux ecclésiastiques de la capitale: hier soir, à 8 heures, une apoplexie a foudroyé le vicaire général de la Mission, M. Claude Joseph Placiard, à l’âge de cinquante et un ans. Il y avait juste un an qu’à la mort de M. Brunet, il s’était vu chargé du gouvernement de la double famille. Ses qualités et ses vertus jointes à la vaste culture qu’il avait acquise en étudiant toujours la plume à la main, avaient fait accueillir son choix avec une joie pleine d’espérance. La modestie de M. Placiard lui avait d’ailleurs fait refuser ce poste ; les supplications des Sœurs et des confrères renforcées par l’intervention de l’évêque de Metz, Mgr Jauffret, récemment encore aumônier de l’Empereur, amenèrent enfin M. Placiard à accepter le fardeau. Il se mit courageusement à l’œuvre, voulant continuer la restauration vincentienne entreprise par M. Brunet. Il put, grâce aux Décrets impériaux obtenus à cet effet, consolider trois établissements de la Mission en Italie : Gênes, Sarzane et Savone. En haut lieu on lui donnait aussi l’assurance que les Filles de la Charité iraient s’installer rue de Charonne et que, du coup, les missionnaires pourraient occuper leur immeuble du Vieux-Colombier. Dans son unique année de gouvernement, M. Placiard réussit surtout à obtenir de Rome un bref signé le 19 juin 1807, qui, en annulant tous les documents précédents, reconnaissait désormais au vicaire général toutes les prérogatives que lui attribuent nos Constitutions, et mettait fin à l’espèce de schisme vers lequel les prétentions de M. Sicardi entraînaient la Compagnie…

En plus des services extraordinaires qu’il a rendus à la petite Compagnie, M. Placiard laisse un bel exemple : celui de son attachement à la toute première de nos œuvres, les Missions. Alors que son intelligence supérieure le faisait réussir admirablement dans l’enseignement de la philosophie et de la théologie, il obtint, à force d’instances, d’aller prêcher des missions. Il avait d’ailleurs une parole chaudement éloquente et abondamment nourrie d’une doctrine qui savait s’adapter à tous les auditoires. Sa réputation était telle, à ce point de vue, que Napoléon lui demanda de prendre part aux missions qui se donnaient en Vendée pour la pacification des esprits. Il accepta, malgré sa charge de vicaire général ; et la fatigue qu’il s’imposa alors ne fut pas étrangère à sa mort prématurée. Mgr André, ancien évêque de Quimper, M. Jalabert, vicaire général de Paris, les curés de la capitale, le nombreux clergé, les communautés religieuses qui tinrent à assister à ses obsèques furent la preuve vivante de la réputation que, sans là rechercher, M. Placiard avait su conquérir par ses vertus et ses talents (1).

1) Annales, t. 576, pp. 540-560.

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