Cinquième dimanche du temps ordinaire (A) [José Antonio Pagola]

Francisco Javier Fernández ChentoHomélies et réflexions, Année ALeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: José Antonio Pagola · Traducteur : Carlos Orduna, csv. · Année de la première publication : 2014 · La source : Reseau d’evangelisation Bonnes Nouvelles.
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Aller vers les périphéries

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Avec deux images audacieuses et surprenantes, Jésus  montre ce qu’il pense et ce qu’il attend de ses disciples. Ils ne doivent pas vivre  en pensant toujours à leurs propres intérêts, à leur prestige et à leur pouvoir. Même s’ils sont un petit groupe au milieu du vaste Empire romain, ils doivent être le « sel » dont la terre a besoin et la « lumière »  dont le  monde manque.

“Vous êtes le sel de la terre”. Les gens simples de Galilée saisissent spontanément le langage de Jésus.  Tout le monde sait que le sel sert surtout à donner de la saveur à la nourriture et à préserver les aliments de la corruption. De même, les disciples de Jésus doivent-ils contribuer à ce que les gens savourent la vie sans tomber dans la corruption.

“Vous êtes la lumière du monde”. Sans la lumière du soleil, le monde  reste dans l’obscurité, et au milieu des ténèbres, on ne peut pas s’orienter ni jouir de la vie. Les disciples de Jésus peuvent apporter la lumière dont nous avons besoin pour nous orienter, pour approfondir le sens  ultime de l’existence et pour marcher dans l’espérance.

Les deux métaphores coïncident sur quelque chose de très important. Si le sel reste seul dans un récipient, il ne sert à rien. C’est seulement lorsqu’il entre en contact avec les aliments et qu’il se dissout dans la nourriture, qu’il peut donner de la saveur à ce que nous mangeons. Il en est de même pour la lumière. Si elle demeure enfermée et cachée, elle ne peut éclairer personne. C’est seulement au milieu des ténèbres qu’elle peut éclairer et orienter. Une Eglise isolée du monde  ne peut être ni sel ni lumière.

Le Pape François a vu que l’Eglise vit aujourd’hui refermée sur elle-même, paralysée par les peurs et trop éloignée des problèmes et des souffrances pour prétendre pouvoir donner de la saveur à la vie moderne et offrir l’authentique lumière de l’Evangile. Sa réaction a été immédiate : « Il nous faut sortir pour aller  vers les périphéries ».

Le Pape insiste à maintes reprises: “Je préfère une Eglise accidentée, blessée et salie qui sorte dans la rue, plutôt qu’une Eglise malade de l’enfermement et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. Je ne veux pas une Eglise préoccupée d’être le centre et qui finit par s’enfermer dans une embrouillamini  d’obsessions et de procédures ».

L’appel de François s’adresse à tous les chrétiens: “Nous ne pouvons pas rester tranquilles à attendre passivement dans nos temples”. « L’Evangile nous invite à risquer toujours la rencontre avec le visage de l’autre ». Le Pape veut introduire dans l’Eglise « la culture de la rencontre ». Il est convaincu que ce dont l’Eglise a aujourd’hui besoin c’est de soigner les blessures et de réchauffer les cœurs ».

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