1 Avent (année A) [José Antonio Pagola]

Francisco Javier Fernández ChentoHomélies et réflexions, Année ALeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: José Antonio Pagola · Traducteur : Carlos Orduna, csv. · Année de la première publication : 2013 · La source : Reseau d’evangelisation Bonnes Nouvelles.
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Les yeux ouverts

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Les premières communautés chrétiennes ont vécu des années difficiles. Perdus dans l’immense Empire romain, au milieu de conflits et de persécutions, ces chrétiens-là cherchaient  force et courage, en attendant l’imminente venue  de Jésus et en rappelant ses paroles : Veillez ; Restez éveillés. Ayez les yeux ouverts. Soyez vigilants.

Ces appels de Jésus à rester éveillés, ont-ils encore une signification pour chacun de nous aujourd’hui ? Que signifie pour nous, chrétiens d’aujourd’hui, mettre notre espérance en Dieu tout en gardant les yeux ouverts ? Allons-nous permettre qu’elle disparaisse définitivement de notre monde sécularisé, l’espérance en une ultime justice de Dieu à l’égard de cette immense majorité de personnes victimes innocentes, qui sont en train de souffrir sans être aucunement coupables?

Justement, la manière la plus facile de fausser l’espérance chrétienne est d’attendre notre salut éternel de la part de Dieu tout en tournant le dos à la souffrance que l’on trouve aujourd’hui dans le monde.  Nous devrons un jour reconnaître notre cécité  devant le Christ-Juge : Quand est-ce que nous t’avons vu affamé, assoiffé, étranger, nu, malade ou en prison et nous ne t’avons pas assisté ?  Voilà quel sera notre dialogue final avec lui si nous vivons les yeux fermés.

Nous devons nous réveiller et bien ouvrir les yeux. Etre vigilants pour regarder au-delà de nos petits intérêts et préoccupations. L’espérance du chrétien n’est pas une attitude aveugle, car elle n’oublie jamais ceux qui souffrent. La spiritualité chrétienne ne consiste pas seulement en un regard vers l’intérieur, car le cœur du chrétien doit être toujours attentif à ceux qui  autour de lui vivent abandonnés à leur sort.

Dans nos communautés chrétiennes, il nous faut veiller de plus en plus à ce que notre manière de vivre l’espérance ne nous conduise à l’indifférence ou à l’oubli des pauvres. Dans la religion, nous ne pouvons pas nous isoler pour éviter d’entendre la clameur de ceux qui meurent chaque jour de faim. Il n’est pas permis de nourrir notre illusion d’innocence pour préserver ainsi  notre tranquillité.

Une espérance en Dieu qui oublie ceux qui, habitant sur cette terre, ne peuvent rien espérer, ne peut-elle pas être considérée comme la version religieuse d’un certain optimisme à tout prix, vécu sans lucidité ni responsabilité ? Une recherche de son propre salut éternel tout en tournant le dos à ceux qui souffrent, ne peut-elle pas être accusée de « subtil égoïsme qui va jusqu’à l’au-delà »?

Probablement, notre peu de sensibilité à l’égard de la souffrance immense qui existe aujourd’hui dans notre monde, est l’un de plus graves symptômes du vieillissement du christianisme actuel. Quand le Pape François réclame « une Eglise plus pauvre et pour les pauvres », il est en train de lancer son plus important message aux chrétiens des pays du bien-être.

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